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Prévisions des taux hypothécaires au Canada : 2027-2031

Par Ali Nassimi, Ph. D., analyste financier et rédacteur de contenu | Mis à jour le 29 octobre 2026
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Prévision des taux hypothécaires les plus bas (2027-2031) au 29 octobre 2026

DateTaux de la BdCTaux préférentielVariable à 5 ansFixe 1 anFixe 2 ansFixe 3 ansFixe 5 ans
2026-11-022.5 %4.7 %3,5 %4,79 %4,59 %4,29 %4,39 %
2027-01-012,75 %4,95 %3,85 %4,89 %4,64 %4,44 %4,42 %
2027-06-303,25 %5,45 %4,35 %5,2 %4,81 %4,55 %4,49 %
2027-12-313,5 %5,7 %4,6 %5,34 %4,88 %4,58 %4,52 %
2028-06-303,5 %5,7 %4,6 %5,39 %4,89 %4,58 %4,55 %
2028-12-313,5 %5,7 %4,6 %5,38 %4,87 %4,57 %4,57 %
2029-06-303,5 %5,7 %4,6 %5,35 %4,84 %4,56 %4,59 %
2029-12-313,5 %5,7 %4,6 %5,32 %4,83 %4,58 %4,63 %
2030-06-303,5 %5,7 %4,6 %5,3 %4,84 %4,61 %4,68 %
2030-12-313,5 %5,7 %4,6 %5,31 %4,88 %4,66 %4,73 %
2031-06-303,5 %5,7 %4,6 %5,35 %4,94 %4,72 %4,8 %
2031-12-313,5 %5,7 %4,6 %5,42 %5 %4,79 %4,86 %
Méthodologie des prévisions — transparence sur les hypothèses : Ce tableau est établi en fonction des taux prévisionnels dérivés du forward CORRA (Canadian Overnight Repo Rate Average) à la date indiquée. Ces prévisions changent fréquemment à mesure que les prix du marché évoluent. Pour établir ces prévisions, nous supposons que la prime de risque et la prime de terme restent constantes, et que les attentes du marché concernant le taux sans risque sont correctes. Les variations des prix de marché peuvent entraîner des révisions fréquentes de ces prévisions.
Mises à jour et limites d'interprétation : Les données prévisionnelles de cette section sont mises à jour régulièrement, généralement chaque semaine, en fonction de l'évolution des prix du marché. Les interprétations, analyses et résumés présents ailleurs sur cette page peuvent ne pas refléter immédiatement les mises à jour les plus récentes. Pour les informations les plus actuelles, veuillez consulter directement le tableau de prévisions.

Cette page présente la prévision des taux hypothécaires les plus bas pour les cinq prochaines années, telle que l’anticipent les marchés financiers, ainsi que celle du taux directeur de la Banque du Canada et des taux préférentiels au cours de cette période. Pour connaître les taux hypothécaires d’aujourd’hui partout au Canada, consultez notre page taux hypothécaires au Canada.

Prévision du taux directeur de la Banque du Canada déc. 2026 – déc. 2027

Prévision du taux directeur de la Banque du Canada au 29 octobre 2026

Probabilités implicites des contrats à terme CORRA au 29 octobre 2026. Taux actuel : 2,50 %

AnnonceIssue la plus probableAutre issue
Taux de référence : 2,50 % (actuel)
9 déc. 2026
2,75 %+25bps
67 %
2,50 %maintien
33 %
Le taux de référence passe2,75 % à ce stade
27 janv. 2027
2,75 %maintien
86 %
3,00 %+25bps
14 %
3 mars 2027
3,00 %+25bps
68 %
2,75 %maintien
32 %
Le taux de référence passe3,00 % à ce stade
28 avr. 2027
3,00 %maintien
81 %
3,25 %+25bps
19 %
2 juin 2027
3,25 %+25bps
62 %
3,00 %maintien
38 %
Le taux de référence passe3,25 % à ce stade
21 juill. 2027
3,25 %
96 %
3,00 %maintien
4 %
8 sept. 2027
3,25 %maintien
76 %
3,50 %+25bps
24 %
27 oct. 2027
3,25 %maintien
56 %
3,50 %+25bps
44 %
8 déc. 2027
3,50 %+25bps
63 %
3,25 %maintien
37 %
Plus probableMoins probable

Comment lire ces probabilités : Les probabilités implicites des décisions de la Banque du Canada sont déduites des prix des contrats à terme liés à CORRA et évoluent fréquemment avec le marché. Elles ne constituent pas des engagements de la BdC et peuvent changer sans préavis.

Le taux directeur de la Banque du Canada s’établit à 2,50 %. Les prix à terme du CORRA laissent entrevoir une remontée graduelle vers environ 3,50 % d’ici la fin de 2027 et 3,50 % tout au long de 2028.

Pourquoi la Banque du Canada pourrait relever de nouveau son taux le 9 décembre

La hausse du taux directeur à 2,50 % le 28 octobre pourrait marquer le début d’un cycle prudent de resserrement monétaire, visant à empêcher l’inflation énergétique persistante de se propager. Selon l’Enquête sur les perspectives des entreprises du troisième trimestre de 2026, publiée le 19 octobre, environ la moitié des entreprises prévoyaient répercuter sur leurs clients une partie ou la totalité des hausses de coûts liées au conflit au Moyen-Orient et aux droits de douane, une proportion supérieure à celle du trimestre précédent. Certaines invoquaient une amélioration de la demande et la nécessité de rétablir leurs marges bénéficiaires.

L’Enquête sur les attentes des consommateurs au Canada du troisième trimestre de 2026 présente également un signal préoccupant : les attentes d’inflation à long terme des consommateurs ont augmenté pour rejoindre les attentes à court terme, déjà élevées. Les répondants interrogés après la rupture des négociations commerciales canado-américaines anticipaient aussi une inflation plus forte à tous les horizons. Ces résultats signalent un risque que les ménages considèrent l’inflation élevée comme durable. Ils ne prouvent toutefois pas un désancrage généralisé : dans son communiqué du 28 octobre, la Banque jugeait toujours les attentes à long terme bien ancrées.

Ces signaux aident à comprendre pourquoi la Banque a agi alors que la plupart des mesures de l’inflation fondamentale demeuraient près de 2 %. Les estimations actualisées de WOWA, fondées sur la courbe à terme du CORRA, privilégient une nouvelle hausse le 9 décembre, suivie d’autres augmentations en 2027. La Banque n’a toutefois pris aucun engagement : une transmission accrue des coûts aux prix et une hausse des attentes d’inflation renforceraient la justification de nouvelles hausses, tandis qu’un recul des prix de l’énergie ou une croissance plus faible pourraient permettre une pause.

Ce qu’il faut savoir

1980-2021 : On a observé une tendance de fond à la baisse des taux, d’abord parce que l’inflation galopante des années 1970 a été maîtrisée, puis en raison des effets désinflationnistes de l’expansion du commerce et de la mondialisation.

2022–2023 : Après une longue baisse des rendements obligataires, l’inflation post-pandémique et un marché du travail tendu ont poussé la Banque du Canada à relever énergiquement son taux directeur, qui a atteint 5 % en juillet 2023.

2024–2025 : À mesure que l’inflation et les tensions sur le marché du travail se sont atténuées, la Banque du Canada a réduit son taux de façon soutenue, le ramenant à 2,25 % à la fin de 2025 pour soutenir une économie fragilisée par les tarifs douaniers américains, alors que la hausse des prix demeurait gérable.

2026 : Un choc énergétique d’origine géopolitique a transformé les perspectives. La guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a commencé à la fin de février et a perturbé le transport maritime dans le détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial. Les prix du pétrole ont bondi, et l’inflation globale a suivi, tirée par l’énergie et l’essence. L’inflation fondamentale est restée proche de la cible de 2 %, mais à l’automne, des signes indiquaient que le choc pourrait se propager : davantage d’entreprises prévoyaient de refiler la hausse de leurs coûts à leurs clients, et les attentes d’inflation des consommateurs ont augmenté. Pour prendre les devants face à ce risque, la Banque du Canada a commencé à relever ses taux le 28 octobre.

Prévision des taux hypothécaires fixes 2027–2031

Au Canada, les taux hypothécaires fixes sont influencés par les rendements des obligations du gouvernement du Canada, et non directement par la Banque du Canada, ce qui explique pourquoi ils évoluent avant elle. Les taux hypothécaires fixes ont fortement augmenté au cours de 2026. Les taux fixes les plus bas offerts devraient remonter très graduellement sur l’ensemble de la période visée par la prévision.

Tous les taux mentionnés ci-dessous correspondent aux taux les plus bas offerts (en moyenne pour les trois plus grandes provinces, soit l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique) dans notre tableau de prévisions, et non à des taux moyens.

Le taux fixe de 5 ans le plus bas, actuellement autour de 4,39 %, devrait atteindre environ 4,52 % d’ici la fin de 2027, puis quelque 4,73 % d’ici la fin de 2030.

Les taux hypothécaires à court terme comportent une prime plus élevée par rapport à l’obligation du gouvernement du Canada de même échéance que les taux à plus long terme (bien que 2026 ait connu de nombreuses exceptions à cette règle). La principale raison tient à la structure des coûts. Un prêteur doit récupérer ses coûts fixes de montage et de gestion sur la durée du terme; un terme plus court répartit donc ces coûts sur moins d’années et exige une marge annuelle plus élevée. C’est pourquoi le taux fixe de 1 an le plus bas se situe près de 4,79 %, au-dessus de plusieurs termes plus longs. Le taux fixe de 3 ans (environ 4,29 % aujourd’hui) est le terme que les prêteurs ont proposé à des conditions concurrentielles en 2025 et 2026. Il devrait grimper à environ 4,57 % d’ici la fin de 2028.

Prévision des taux hypothécaires variables 2027–2031

Les taux hypothécaires variables évoluent au rythme du taux préférentiel, qui suit le taux directeur de la Banque du Canada. Comme le marché s’attend à ce que la Banque du Canada relève graduellement son taux directeur, les taux variables les plus bas offerts devraient augmenter davantage que les taux fixes au cours des deux prochaines années.

Le taux variable de 5 ans le plus bas, près de 3,50 % aujourd’hui, devrait grimper à environ 4,35 % au milieu de 2027, puis à quelque 4,60 % d’ici la fin de 2028, où il se stabilise, tout comme le taux directeur, jusqu’en 2031. La majeure partie de l’écart favorable dont bénéficient aujourd’hui les détenteurs de taux variable par rapport aux taux fixes devrait s’estomper à mesure que le taux directeur augmente.

Ce qu’il faut retenir : les taux variables partent plus bas, mais la prévision les voit rejoindre les taux fixes actuels d’ici 2027.

Prévision du taux préférentiel 2027–2031

Le taux préférentiel, qui sert de base aux prêts hypothécaires à taux variable et aux marges de crédit hypothécaires (MCH), s’établit actuellement à 4,70 % et évolue au même rythme que le taux directeur de la Banque du Canada. Comme le taux directeur devrait augmenter, le taux préférentiel devrait suivre : environ 5,45 % au milieu de 2027, 5,70 % d’ici la fin de 2027 et quelque 5,70 % au milieu de 2028, niveau auquel il se maintiendrait jusqu’en 2031.

Pour un emprunteur à taux variable, chaque hausse de 0,25 % du taux préférentiel augmente immédiatement la portion intérêts des versements, ou allonge l’amortissement, selon la structure du prêteur. La prévision implique des hausses du taux préférentiel totalisant environ 1 point de pourcentage d’ici 2028.

Ce qu’il faut retenir : prévoyez dans votre budget une hausse d’environ 100 points de base du taux préférentiel au cours des deux prochaines années, suivie d’une stabilisation.

Ce que la prévision signifie pour les renouvellements hypothécaires

Si vous renouvelez en 2026 ou en 2027, votre taux actuel a probablement été fixé dans un contexte très différent. Les emprunteurs qui renouvellent un taux fixe ultra-bas de l’époque de la pandémie (sous 2 %) subiront tout de même un choc de paiement, puisque les taux fixes actuels, près de 4,39 %, sont bien supérieurs à ce qu’ils avaient obtenu, même si les taux ont reculé par rapport à leur sommet de 2023. Les emprunteurs qui renouvellent un taux obtenu au sommet de 2023–2024 (5,5 % et plus) pourraient profiter d’un certain répit.

Comme la prévision montre des taux qui remontent plutôt que des taux qui baissent, attendre pour renouveler dans l’espoir d’obtenir un meilleur taux est un pari risqué. La seule voie réaliste vers des taux plus bas serait une récession au Canada, probablement provoquée par la guerre commerciale avec les États-Unis et combinée à une modération des prix du pétrole, et ce n’est pas un scénario sur lequel vous voulez bâtir les finances de votre ménage. La plupart des prêteurs vous permettent de bloquer un taux de renouvellement de 120 à 150 jours à l’avance, ce qui vaut la peine compte tenu du risque de hausse. Le taux fixe de 3 ans est le terme que le marché évalue le plus favorablement pour les emprunteurs qui renouvellent et qui veulent de la certitude sans s’engager pour cinq ans.

Ce qu’il faut retenir : magasinez votre renouvellement tôt, obtenez une garantie de taux et ne présumez pas que les taux seront plus bas si vous attendez.

Ce que la prévision signifie pour les acheteurs

Pour les acheteurs, la prévision influe à la fois sur le coût d’emprunt et sur l’abordabilité. Avec un prix moyen des maisons au Canada d’environ 670 000 $ et des taux affichés les plus bas d’environ 3,3 % à 4,0 %, un acheteur type qui verse une mise de fonds de 20 % contracte un prêt hypothécaire d’environ 536 000 $, soit environ 2 800 $ par mois sur un amortissement de 25 ans, dont quelque 1 750 $ en intérêts à un taux de 4,0 %. Notre calculatrice hypothécaire permet aux acheteurs de tester leurs propres chiffres.

Comme la prévision laisse entrevoir des taux légèrement plus élevés, la stratégie qui consiste à « attendre que les taux baissent » comporte un risque réel. Dans le scénario de base, on ne s’attend pas à une baisse des taux, et le seul scénario qui les ferait baisser, une récession causée par la guerre commerciale, serait de toute façon un contexte économique difficile pour acheter. Les acheteurs doivent aussi se rappeler qu’ils sont admissibles selon le taux du test de résistance (le plus élevé entre leur taux contractuel majoré de 2 % et 5,25 %), de sorte que l’écart entre les taux fixes et variables influe sur le prix de la maison qu’ils peuvent se permettre. La calculatrice d’abordabilité tient compte du test de résistance pour établir un prix d’achat maximal.

Ce qu’il faut retenir : basez votre achat sur ce que vous pouvez confortablement vous permettre aux taux d’aujourd’hui et au taux d’admissibilité du test de résistance, et non sur une baisse de taux espérée.

Que devraient faire les emprunteurs en 2026 et 2027?

  • Obtenez une garantie de taux dès maintenant. Que vous renouveliez ou que vous achetiez, obtenez une garantie de taux de 120 jours. Avec une prévision orientée vers des taux plus élevés, une garantie vous protège sans frais contre le risque de hausse, et si les taux baissent, la plupart des prêteurs vous accordent quand même le taux le plus bas à la clôture.
  • Taux fixe ou variable : ce que la prévision favorise. Le marché prévoit que les taux variables les plus bas remonteront jusqu’au niveau des taux fixes actuels d’ici 2027, ce qui réduit l’escompte habituel du taux variable. Un taux variable n’est avantageux que si les taux augmentent moins que son escompte actuel par rapport aux taux fixes. Si la certitude des versements compte plus pour vous que ce pari, le taux fixe est le choix le moins stressant.
  • Envisagez un terme fixe plus court. Plutôt que de vous engager pour cinq ans, un taux fixe de 2 ou 3 ans vous laisse la souplesse de renégocier si la situation s’améliore, et le marché évalue actuellement le terme fixe de 3 ans de façon avantageuse.
  • Vous renouvelez? Commencez de 4 à 6 mois à l’avance. Faites garantir votre taux de renouvellement, comparez les autres prêteurs, car changer de prêteur en vaut souvent la peine, et ne misez pas sur des baisses que la prévision ne montre pas.
  • Vous achetez? Faites-vous qualifier selon la réalité, pas l’espoir. Établissez votre budget selon les taux d’aujourd’hui et le taux du test de résistance plutôt que de compter sur une baisse future pour vous tirer d’affaire.
  • Surveillez les déclencheurs. Trois signaux pourraient modifier ces perspectives : une forte baisse du pétrole (qui ferait fléchir les taux fixes), des signes clairs que la guerre commerciale avec les États-Unis pousse le Canada vers une récession (ce qui ouvrirait la porte à des baisses de la Banque du Canada), et une paix commerciale entre le Canada et les États-Unis. Un scénario de baisse des taux exige vraiment à la fois un affaiblissement de la croissance et un pétrole moins cher.

Ce qu’il faut retenir : la prévision récompense les emprunteurs qui s’assurent de la certitude tôt et ne justifie pas d’attendre des baisses que le marché n’anticipe pas.

Risques pour la prévision des taux d’intérêt : conflit avec l’Iran et détroit d’Ormuz (mise à jour 2026)

Le déclenchement de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran au début de 2026 et la perturbation du détroit d’Ormuz qui en a résulté constituent l’un des plus importants chocs énergétiques de l’histoire moderne. Le détroit achemine environ 20 % de l’offre mondiale de pétrole, de sorte que sa fermeture représente un choc direct et immédiat sur les prix mondiaux de l’énergie.

Les hydrocarbures dans l’inflation (effet de premier ordre)

L’énergie, en particulier l’essence, le gaz naturel et les autres combustibles, est une composante directe de l’IPC. Une forte hausse des prix du pétrole entraîne donc une augmentation immédiate de l’inflation globale.

Historiquement, les banques centrales ont tendance à faire abstraction des poussées d’inflation attribuables à l’énergie, parce que :

  • Les prix de l’énergie sont volatils et se renversent souvent
  • La politique monétaire ne peut pas régler directement les perturbations de l’offre
  • Resserrer la politique en réaction à des chocs temporaires risque de causer des dommages économiques inutiles

Cette distinction est cruciale : une hausse de l’inflation globale causée uniquement par le pétrole pourrait ne pas entraîner à elle seule une réaction de politique monétaire.

Du choc énergétique à l’inflation généralisée (effets de second ordre)

Le principal risque n’est pas la hausse initiale des prix de l’énergie, mais bien la possibilité que ce choc se propage à l’inflation fondamentale :

  • La hausse des coûts du carburant et du transport fait grimper les coûts des intrants dans l’ensemble des industries
  • Les entreprises répercutent ces coûts sur les prix des biens et des services
  • L’inflation devient plus persistante et plus généralisée

C’est par ce mécanisme qu’un choc pétrolier temporaire peut se transformer en problème d’inflation durable. Les chocs d’offre de ce type créent un dilemme de politique monétaire, car ils font augmenter l’inflation tout en ralentissant la croissance économique.

Pourquoi c’est important pour les taux d’intérêt

Pour la Banque du Canada, la distinction entre une inflation temporaire et une inflation persistante devient déterminante :

  • Si l’inflation reste concentrée dans l’énergie → la Banque peut maintenir son taux, voire l’assouplir
  • Si l’inflation se généralise → la Banque pourrait devoir relever ses taux ou les maintenir élevés plus longtemps

C’est pourquoi les récents chocs énergétiques ont détourné les attentes du marché des baisses de taux vers une incertitude de politique monétaire assortie d’un important risque de hausse.

Scénarios prospectifs (essentiels pour les perspectives de 2026)

Scénario 1 : désescalade et réouverture du détroit (scénario de paix)

Si une solution politique est trouvée et que la navigation dans le détroit se normalise en 2026 :

  • Les prix du pétrole baisseraient probablement par rapport à leurs niveaux élevés
  • L’inflation globale diminuerait relativement rapidement
  • Les banques centrales traiteraient le choc comme temporaire

Incidence sur les taux d’intérêt :

  • La Banque du Canada retrouve sa marge de manœuvre
  • Les baisses de taux pourraient revenir dans la discussion (les tensions commerciales reprenant probablement le devant de la scène), bien que de façon probablement limitée
  • Les taux hypothécaires pourraient se stabiliser ou reculer légèrement

Toutefois, même dans ce scénario, l’épisode laisse derrière lui des prix du pétrole et des primes de risque plus élevés pendant de nombreux mois, ce qui signifie que les taux pourraient ne pas revenir aux attentes d’avant le choc.

Scénario 2 : perturbation prolongée (fermeture prolongée)

Si le conflit s’intensifie ou si le détroit demeure entravé pendant des mois :

  • L’offre de pétrole reste limitée et les stocks s’épuisent dangereusement, ce qui fait grimper les prix encore davantage.
  • Les pressions inflationnistes se généralisent dans l’économie
  • La croissance s’affaiblit en raison de la hausse des coûts et de la baisse de la demande

Il en résulte un environnement de stagflation, où les arbitrages de politique monétaire deviennent particulièrement difficiles.

Incidence sur les taux d’intérêt :

  • La Banque du Canada est forcée de donner la priorité à la maîtrise de l’inflation
  • Des hausses de taux seraient probables
  • Les rendements obligataires restent élevés, ce qui maintient les taux hypothécaires fixes à un niveau élevé

Conclusion pour les taux canadiens

Le choc du détroit d’Ormuz renforce un changement structurel clé dans les perspectives de taux :

  • L’inflation attribuable à l’énergie limite la capacité des banques centrales à réduire leurs taux
  • La question clé est de savoir si l’inflation reste temporaire (limitée à l’énergie) ou si elle se généralise
  • Tant que cette incertitude persiste, les taux d’intérêt sont orientés vers des hausses

Interprétation simple pour les emprunteurs

  • Si les prix du pétrole baissent rapidement → les taux pourraient diminuer légèrement
  • Si le pétrole reste cher → les taux augmentent

Conseil stratégique pour les emprunteurs hypothécaires

Si vous envisagez un taux variable : Notez que même si l’inflation fondamentale est contenue près de 2 %, la Banque du Canada dispose d’une marge de manœuvre très limitée. Si la fermeture du détroit d’Ormuz fait en sorte que les coûts de l’énergie se répercutent sur l’ensemble des coûts des intrants des entreprises, votre taux variable est très vulnérable à des hausses soudaines.

Si vous envisagez un taux fixe : Les taux fixes dépendent des rendements obligataires, qui ont déjà amorcé une remontée parce que les marchés intègrent une incertitude de taux « plus élevés plus longtemps ». Bloquer un taux fixe à plus court terme (p. ex., 2 ou 3 ans) pourrait vous protéger contre le risque actuel de stagflation sans vous engager à des taux élevés pendant une demi-décennie si le scénario de paix se concrétise.

Les tarifs douaniers et la prévision des taux d’intérêt au Canada

L’exposition du Canada à la politique commerciale américaine

Le Canada et les États-Unis ont des chaînes d’approvisionnement fortement intégrées, particulièrement dans les secteurs de l’automobile, de la fabrication, de l’énergie et des autres ressources. L’économie canadienne est donc sensible aux changements de la politique commerciale américaine.

Même si la majeure partie des échanges conformes à l’ACEUM demeure exempte de tarifs, les tarifs douaniers ont eu une incidence importante sur des secteurs comme l’acier, l’aluminium et l’automobile. L’incertitude commerciale peut aussi toucher l’ensemble de l’économie en freinant l’investissement, en perturbant les chaînes d’approvisionnement et en affaiblissant la demande d’exportations.

Les tarifs créent des pressions opposées sur les taux d’intérêt

Les restrictions commerciales peuvent influencer les taux d’intérêt canadiens de deux façons opposées.

  • Inflation plus élevée : les tarifs, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la hausse des coûts d’importation peuvent faire grimper les prix et les coûts de production.
  • Croissance plus faible : la baisse des exportations, le report des investissements des entreprises et le ralentissement de l’embauche peuvent freiner l’activité économique.

La Banque du Canada doit donc soupeser les pressions inflationnistes liées aux tarifs et le risque que des tensions commerciales prolongées affaiblissent la demande.

Une économie résiliente, mais des risques commerciaux persistants

Jusqu’à présent, l’économie canadienne s’est montrée plus résiliente face aux restrictions commerciales américaines qu’on ne le craignait au départ. La vigueur des prix des produits de base et une demande intérieure relativement résiliente ont contribué à compenser une partie du frein économique causé par les tarifs et l’incertitude commerciale.

Toutefois, la politique commerciale demeure un important risque à la baisse. Le premier examen conjoint de l’ACEUM a eu lieu le 1er juillet 2026 sans entente pour renouveler l’accord dans sa forme actuelle. L’ACEUM demeure en vigueur pendant que le Canada, les États-Unis et le Mexique poursuivent les négociations.

Ce que les tarifs signifient pour la Banque du Canada

Les tarifs peuvent pousser les taux d’intérêt canadiens dans des directions opposées. La hausse des coûts d’importation, les perturbations de l’approvisionnement et les prix de l’énergie peuvent alimenter l’inflation, tandis que la baisse des exportations, de l’investissement et de l’embauche peut ralentir la croissance économique.

Pour l’instant, une activité économique plus vigoureuse et des pressions inflationnistes élevées ont orienté les attentes du marché vers des taux plus élevés. Les prix du marché monétaire indiquent actuellement que la prochaine décision importante de la Banque du Canada est plus susceptible d’être une hausse qu’une baisse de taux.

Cependant, ces perspectives demeurent sensibles aux prix mondiaux de l’énergie et aux conditions commerciales. Si l’inflation liée à l’énergie s’atténue alors que de nouvelles tensions commerciales affaiblissent la croissance canadienne, les attentes pourraient se tourner de nouveau vers des baisses de taux. Si l’inflation demeure persistante, les marchés pourraient anticiper un resserrement supplémentaire.

Ce qu’il faut surveiller

Prochaine annonce de taux de la BdC :

9 décembre 2026

Écart entre l’IPC fondamental et l’IPC global :

Surveillez si l’inflation hors aliments et énergie reste ancrée à 2,0 % ou si elle commence à grimper en raison de perturbations prolongées du transport maritime.

Pétrole brut (WTI/Brent) :

Si le pétrole franchit le seuil psychologique de 120 $ le baril, attendez-vous à des pressions immédiates à la hausse sur les taux hypothécaires fixes.

Obligations du gouvernement du Canada :

Leurs rendements reflètent le taux sans risque, déterminent les taux hypothécaires fixes et intègrent l’information disponible sur les attentes d’inflation.

Prévisions de taux d’intérêt des six grandes banques 2026–2028

Banque Royale du Canada (RBC)

Dans sa publication d’octobre 2026, RBC Economics prévoit que le taux du financement à un jour restera à 2,25 % jusqu’à la fin de 2026 et montera à 3,25 % d’ici la fin de 2027.

Banque Toronto-Dominion (TD)

Dans sa publication de septembre 2026, TD Economics prévoit que le taux directeur restera à 2,25 % jusqu’à la fin de 2028.

Banque de Nouvelle-Écosse (Banque Scotia)

Dans sa publication d’octobre 2026, Scotiabank Economics prévoit que le taux directeur montera à 2,50 % d’ici la fin de 2026 et montera à 3,25 % d’ici la fin de 2028.

Banque de Montréal (BMO)

Dans sa publication de septembre 2026, BMO Marchés des capitaux prévoit que le taux du financement à un jour restera à 2,25 % jusqu’à la fin de 2027.

Banque Canadienne Impériale de Commerce (CIBC)

Dans sa publication de septembre 2026, CIBC Marchés des capitaux prévoit que le taux du financement à un jour restera à 2,25 % jusqu’à la fin de 2026 et montera à 2,75 % d’ici la fin de 2028.

Banque Nationale du Canada (BNC)

Dans sa publication d’octobre 2026, BNC Marchés financiers prévoit que le taux du financement à un jour montera à 2,50 % d’ici la fin de 2026 et montera à 3,00 % d’ici la fin de 2027.

Sommaire des attentes des grandes banques canadiennes concernant le taux directeur (mise à jour d’octobre 2026)

BanqueDate de publicationPrévision 2026Prévision 2027Prévision 2028
RBCoctobre 2026Maintien à 2,25 %Hausse à 3,25 % d’ici la fin de l’année—
TDseptembre 2026Maintien à 2,25 %Maintien à 2,25 %Maintien à 2,25 %
Banque Scotiaoctobre 2026Hausse à 2,50 % d’ici la fin de l’annéeHausse à 3,25 % d’ici la fin de l’annéeMaintien à 3,25 %
BMOseptembre 2026Maintien à 2,25 %Maintien à 2,25 %—
CIBCseptembre 2026Maintien à 2,25 %Hausse à 2,75 % d’ici la fin de l’annéeMaintien à 2,75 %
Banque Nationaleoctobre 2026Hausse à 2,50 % d’ici la fin de l’annéeHausse à 3,00 % d’ici la fin de l’année—

L’importance des taux hypothécaires

Le prix moyen des habitations au Canada se situe autour de 670 000 $. Ainsi, un acheteur moyen ayant épargné plus de 20 % (150 000 $) pour sa mise de fonds, afin de réduire son risque et d’économiser sur les primes d’assurance prêt hypothécaire, a besoin d’un prêt hypothécaire d’environ 520 000 $.

Actuellement, l’environnement des taux d’intérêt au Canada est tel que les taux hypothécaires affichés varient entre 3,7 % et 6 %. Si vous magasinez un prêt hypothécaire, un taux de 4,2 % est donc raisonnable, selon le terme et les caractéristiques de votre prêt.

La calculatrice d’intérêts hypothécaires de WOWA montre que l’achat prudent d’une maison moyenne, avec un taux hypothécaire concurrentiel et un amortissement typique de 25 ans, se traduirait par un versement hypothécaire mensuel de 2 790 $, incluant initialement 1 820 $ en frais d’intérêt.

Le revenu médian après impôt d’une famille canadienne est de 74 200 $ par année (donnée de 2023), soit environ 6 180 $ par mois. Il est facile de constater que les frais hypothécaires constituent la dépense la plus importante pour une famille canadienne (45 % pour le versement hypothécaire). Ces frais sont d’autant plus élevés pour ceux qui vivent dans les centres urbains les plus chers du pays, soit la région du Grand Toronto (RGT) et la région du Grand Vancouver (RGV). Par conséquent, l’optimisation de vos frais hypothécaires pourrait s’avérer le moyen le plus efficace d’améliorer vos finances.

Déduire les attentes du marché

Les taux du marché monétaire fournissent des renseignements utiles sur l’évolution que les investisseurs anticipent pour les taux d’intérêt à court terme. Comme les bons du Trésor du gouvernement du Canada et les instruments fondés sur le CORRA comportent un risque de crédit très faible, leurs rendements sont étroitement influencés par les attentes relatives au taux directeur à un jour de la Banque du Canada.

Selon l’hypothèse des attentes, les rendements des instruments à court terme reflètent les taux à un jour attendus sur leur durée, ainsi que des facteurs comme les primes de liquidité et de terme. Les analystes peuvent ainsi utiliser les prix du marché monétaire pour estimer la trajectoire du taux directeur implicite dans les marchés financiers.

Parmi ces indicateurs, les taux à terme du CORRA fournissent un signal particulièrement direct, car le CORRA suit de près le coût du financement garanti à un jour au Canada.

Aperçu du CORRA

Le taux moyen des opérations de pension à un jour (CORRA) mesure le coût du financement à un jour en dollars canadiens garanti par des titres généraux, soit des bons du Trésor et des obligations du gouvernement du Canada. Il s’agit du principal taux de référence sans risque à un jour au Canada, et il joue un rôle important dans la transmission de la politique monétaire de la Banque du Canada par l’intermédiaire des marchés financiers.

Caractéristiques clés :

  • Objectif : Mesure les conditions du marché canadien du financement garanti à un jour et sert de taux de référence pour des contrats financiers, notamment des produits dérivés et des instruments à taux variable.
  • Calcul : La Banque du Canada calcule le CORRA comme une médiane tronquée pondérée en fonction du volume des opérations de pension à un jour admissibles. Les 25 % du volume des opérations aux taux les plus bas sont retirés avant le calcul de la médiane.
  • Rôle : Le CORRA suit de près les coûts du financement à un jour et sert de base aux produits dérivés liés au CORRA, notamment les swaps indexés sur le taux à un jour.
  • Administration : La Banque du Canada administre, calcule et publie le CORRA chaque jour ouvrable.

Extraire les attentes du marché

Les taux à terme du CORRA indiquent les taux à un jour que les marchés financiers anticipent pour des périodes futures. Par exemple, si un taux CORRA à terme de trois mois augmente par rapport au CORRA actuel, cela indique que les marchés accordent un poids plus important à des taux à un jour plus élevés au cours de cette période future.

Les taux à terme du CORRA offrent donc un moyen utile d’estimer la trajectoire du taux directeur de la Banque du Canada implicite dans les prix du marché. Par rapport aux rendements des bons du Trésor, ils constituent une mesure plus directe, car ils sont liés précisément au taux de financement à un jour, bien que les prix du marché puissent encore refléter d’autres facteurs que les seules attentes relatives au taux directeur.

Facteurs macroéconomiques influant sur les taux d’intérêt?

Au fil des décennies, les avancées technologiques et la mondialisation ont agi comme de puissantes forces déflationnistes, entraînant une baisse des taux d’intérêt à long terme qui a favorisé un endettement généralisé au sein des économies. Bien que les taux aient fréquemment dépassé les sommets de 2023 entre 1968 et 2001, les économies occidentales comme celle du Canada ont subi de profonds changements structurels; les niveaux d’endettement sont désormais bien plus élevés qu’au XXe siècle, ce qui limite la tolérance de l’économie à des taux élevés et soutenus dans les années 2020.

Dette brute des administrations publiques

Total des passifs liés au crédit des ménages

Depuis 1990, la dette des administrations publiques, qui englobe les dettes fédérale, provinciales et locales, a été multipliée par 5,7, tandis que la dette des ménages a été multipliée par 9, une progression alimentée par la baisse des taux, la croissance des revenus et des ratios du service de la dette demeurés relativement stables jusqu’à récemment. Durant cette période, la croissance du revenu des ménages a largement dépassé l’expansion démographique : la population a augmenté de 51 %, les revenus nominaux de 347 % et l’inflation totale a atteint 115 %, ce qui représente un gain réel par habitant de 38 % après ajustements.

Revenu des ménages canadiens

Les pressions liées au service de la dette se sont néanmoins intensifiées pour les ménages canadiens. Le ratio total est passé d’environ 12 % au début des années 1990 à environ 15 % récemment, avec un sommet de 15,17 % au T1 2023; les deuxième et troisième valeurs les plus élevées, soit 15,14 % et 15,13 %, ont été enregistrées au T2 2023 et au T4 2023.

Ratio du service de la dette des ménages canadiens

Ratio du service de la dette
Ratio du service de la dette hypothécaire
Ratio du service de la dette non hypothécaire
Ratio du service de la dette, intérêts seulement

Les prêts hypothécaires représentent environ 75 % de la dette des ménages, mais génèrent des coûts de service comparables à ceux de la dette non hypothécaire, étant donné les taux plus élevés de cette dernière sur les cartes de crédit et les prêts auto; cet équilibre souligne une vulnérabilité croissante aux hausses de taux.

Méthodologie et modèle de calcul

Sources de données et modélisation :

La méthodologie et les calculs utilisés pour les prévisions de taux hypothécaires présentées sur cette page ont été élaborés par Ali Nassimi, Ph. D., et sont mis à jour tous les 10 jours.

Les prévisions de taux sont tirées directement de la courbe des taux à terme du CORRA de Chatham Financial pour les prochaines dates d’annonce préétablies de la Banque du Canada. Les taux fixes combinent les moyennes de la courbe et les marges des prêteurs ajustées en fonction des normes historiques, en utilisant les rendements des obligations du gouvernement du Canada comme contre-vérification, tandis que les taux variables et le taux préférentiel suivent les variations prévues du taux directeur.

Avis de non-responsabilité : Les prévisions reflètent les attentes implicites du marché et sont mises à jour régulièrement à mesure que les prix du marché évoluent. Il s’agit de projections quantitatives, et non d’offres de taux garanties.

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