| Banque | Taux préférentiels |
|---|---|
TD | 4,45%* |
RBC | 4,45% |
CIBC | 4,45% |
BMO | 4,45% |
Scotiabank | 4,45% |
National Bank | 4,45% |
Le taux préférentiel au Canada est actuellement de 4,45 %. Le taux préférentiel est le taux d’intérêt que les banques et les prêteurs utilisent pour déterminer les taux d’intérêt de nombreux types de prêts et de marges de crédit, notamment les cartes de crédit, les marges de crédit hypothécaires, les prêts hypothécaires à taux variable, les prêts automobiles et bien d’autres. Si vous avez l’un de ces prêts, une variation du taux préférentiel modifiera aussi vos versements et, par conséquent, vos ratios d’amortissement brut (ABD) et total (ATD) de la dette.
| LDCVD | Fixe 1 an | Fixe 2 ans | Fixe 3 ans | Fixe 5 ans | Variable à 5 ans | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Taux les plus bas | 4.45 % | 5,09 % | 4,84 % | 4,44 %Se Renseigner | 4,54 %Se Renseigner | 3,41 % |
| Taux moyens (10 prêteurs) | -- | 5,52 % | 5,14 % | 5,03 % | 4,98 % | 4,09 % |
| Variation des taux moyens sur 30 jours | -- | +15 points de base | +21 points de base | +25 points de base | +20 points de base | +15 points de base |
| Term | Taux les plus bas | Taux moyens (10 prêteurs) | Variation des taux moyens sur 30 jours |
|---|---|---|---|
| LDCVD | 4,45 % | -- | -- |
| Fixe 1 an | 5,09 % | 5,52 % | +15 points de base |
| Fixe 2 ans | 4,84 % | 5,14 % | +21 points de base |
| Fixe 3 ans | 4,44 % | 5,03 % | +25 points de base |
| Fixe 5 ans | 4,54 % | 4,98 % | +20 points de base |
| Variable à 5 ans | 3,41 % | 4,09 % | +15 points de base |
Le panier de 10 prêteurs comprend: CIBC, BMO, TD, Banque Scotia, RBC, Banque Nationale, Desjardins, nesto, Tangerine, First National.
| Date d'entrée en vigueur | Taux préférentiel | Variation |
|---|---|---|
| 29 octobre 2025 | 4,45 % | -0,25 % |
| 17 septembre 2025 | 4,70 % | -0,25 % |
| 13 mars 2025 | 4,95 % | -0,25 % |
| 29 janvier 2025 | 5,20 % | -0,25 % |
| 11 décembre 2024 | 5,45 % | -0,50 % |
| 23 octobre 2024 | 5,95 % | -0,50 % |
| 4 septembre 2024 | 6,45 % | -0,25 % |
| 24 juillet 2024 | 6,70 % | -0,25 % |
| 5 juin 2024 | 6,95 % | -0,25 % |
| 12 juillet 2023 | 7,20 % | 0,25 % |
| 8 juin 2023 | 6,95 % | 0,25 % |
| 25 janvier 2023 | 6,70 % | 0,25 % |
| 8 décembre 2022 | 6,45 % | 0,50 % |
| 27 octobre 2022 | 5,95 % | 0,50 % |
| 8 septembre 2022 | 5,45 % | 0,75 % |
| 14 juillet 2022 | 4,70 % | 1,00 % |
| 2 juin 2022 | 3,70 % | 0,50 % |
| 14 avril 2022 | 3,20 % | 0,50 % |
| 3 mars 2022 | 2,70 % | 0,25 % |
| 30 mars 2020 | 2,45 % | -0,50 % |
| 17 mars 2020 | 2,95 % | -0,50 % |
| 5 mars 2020 | 3,45 % | -0,50 % |
| 25 octobre 2018 | 3,95 % | 0,25 % |
| 12 juillet 2018 | 3,70 % | 0,25 % |
| 18 janvier 2018 | 3,45 % | 0,25 % |
| 7 septembre 2017 | 3,20 % | 0,25 % |
| 13 juillet 2017 | 2,95 % | 0,25 % |
| 16 juillet 2015 | 2,70 % | -0,15 % |
| 28 janvier 2015 | 2,85 % | -0,15 % |
| 9 septembre 2010 | 3,00 % | 0,25 % |
| 21 juillet 2010 | 2,75 % | 0,25 % |
| 2 juin 2010 | 2,50 % | 0,25 % |
Le taux préférentiel de la RBC Banque Royale est actuellement de 4,45 %
Le taux préférentiel de la RBC Banque Royale est passé de 4,7 % à 4,45 % le 29 octobre 2025.
Le taux préférentiel de la Banque Scotia est actuellement de 4,45 %
Le taux préférentiel de la Banque Scotia est passé de 4,7 % à 4,45 % le 29 octobre 2025.
Le taux préférentiel de la Banque TD est actuellement de 4,45 %
Le taux préférentiel de la Banque TD est passé de 4,7 % à 4,45 % le 29 octobre 2025.
Le taux préférentiel de la CIBC est actuellement de 4,45 %
Le taux préférentiel de la CIBC est passé de 4,7 % à 4,45 % le 29 octobre 2025.
Le taux préférentiel de la Banque de Montréal est actuellement de 4,45 %
Le taux préférentiel de la Banque de Montréal est passé de 4,7 % à 4,45 % le 29 octobre 2025.
Le taux préférentiel de la Banque Nationale est actuellement de 4,45 %
Le taux préférentiel de la Banque Nationale est passé de 4,7 % à 4,45 % le 29 octobre 2025.
On s’attend à ce que le taux préférentiel augmente de 0,25 point de pourcentage d’ici le 1 janvier 2027, ce qui ferait passer le taux préférentiel du Canada de 4,45 % à 4,70 %. En regardant plus loin, d’ici le 30 juin 2027, le taux préférentiel devrait augmenter de 1,00 %, ce qui porterait le taux préférentiel du Canada à 5,45 %.
| Date | Taux de la BdC | Taux préférentiel | Variable à 5 ans | Fixe 1 an | Fixe 2 ans | Fixe 3 ans | Fixe 5 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2026-10-22 | 2.25 % | 4.45 % | 3,25 % | 4,64 % | 4,44 % | 4,29 % | 4,34 % |
| 2027-01-01 | 2,5 % | 4,7 % | 3,6 % | 5 % | 4,74 % | 4,51 % | 4,44 % |
| 2027-06-30 | 3,25 % | 5,45 % | 4,35 % | 5,29 % | 4,91 % | 4,61 % | 4,51 % |
| 2027-12-31 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,43 % | 4,97 % | 4,64 % | 4,55 % |
| 2028-06-30 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,48 % | 4,98 % | 4,64 % | 4,58 % |
| 2028-12-31 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,47 % | 4,96 % | 4,63 % | 4,61 % |
| 2029-06-30 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,43 % | 4,93 % | 4,64 % | 4,6 % |
| 2029-12-31 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,4 % | 4,93 % | 4,66 % | 4,68 % |
| 2030-06-30 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,39 % | 4,96 % | 4,71 % | 4,73 % |
| 2030-12-31 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,42 % | 5,01 % | 4,77 % | 4,8 % |
| 2031-06-30 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,49 % | 5,09 % | 4,84 % | 4,86 % |
| 2031-12-31 | 3,5 % | 5,7 % | 4,6 % | 5,56 % | 5,16 % | 4,91 % | 4,92 % |
| Méthodologie des prévisions — transparence sur les hypothèses : Ce tableau est établi en fonction des taux prévisionnels dérivés du forward CORRA (Canadian Overnight Repo Rate Average) à la date indiquée. Ces prévisions changent fréquemment à mesure que les prix du marché évoluent. Pour établir ces prévisions, nous supposons que la prime de risque et la prime de terme restent constantes, et que les attentes du marché concernant le taux sans risque sont correctes. Les variations des prix de marché peuvent entraîner des révisions fréquentes de ces prévisions. Mises à jour et limites d'interprétation : Les données prévisionnelles de cette section sont mises à jour régulièrement, généralement chaque semaine, en fonction de l'évolution des prix du marché. Les interprétations, analyses et résumés présents ailleurs sur cette page peuvent ne pas refléter immédiatement les mises à jour les plus récentes. Pour les informations les plus actuelles, veuillez consulter directement le tableau de prévisions. | |||||||
Chaque banque ou prêteur détermine son propre taux préférentiel. Les banques canadiennes se fient généralement au taux cible du financement à un jour, ou taux directeur fixé par la Banque du Canada (BdC). Les modifications du taux cible du financement à un jour sont généralement suivies de modifications semblables des taux préférentiels. Par conséquent, la plupart des banques et des prêteurs au Canada ont le même taux préférentiel.
Si vous empruntez de l’argent, le taux préférentiel vous touche. Les taux d’intérêt de nombreux produits de prêt sont fondés sur le taux préférentiel et peuvent augmenter ou diminuer lorsque celui-ci change. Le taux préférentiel vous touche aussi si vous conservez des sommes importantes dans des comptes d’épargne à intérêt élevé ou si vous investissez dans des titres à revenu fixe à court terme. Les intérêts que vous touchez sur ces produits sont fortement corrélés au taux préférentiel.
Certaines cartes de crédit fixent leur taux d’intérêt en fonction du taux préférentiel. Comme elles ne sont pas garanties par un actif comme une maison ou une voiture, il s’agit de crédit non garanti, dont le taux d’intérêt est généralement élevé pour compenser le risque supplémentaire. La carte Visa RateAdvantage de RBC, par exemple, affiche un taux d’intérêt allant de « taux préférentiel + 4,99 % » à « taux préférentiel + 8,99 % ». Selon le taux préférentiel actuel de 4,45 %, le taux d’intérêt de la carte Visa RateAdvantage de RBC se situe donc entre 9,44 % et 13,44 %.
Parmi les autres cartes de crédit à taux variable, citons la Visa Emerald Flex Rate de TD et la Mastercard Syncro de la Banque Nationale.
Les marges de crédit hypothécaires sont presque toujours à taux variable et fondées sur le taux préférentiel. Un écart (delta) courant pour les MCH est de +0,50 %, ce qu’on exprime par « taux préférentiel + 0,50 % » ou « P + 0,50 % ». Si le taux préférentiel actuel est de 4,45 %, le taux d’une MCH à « taux préférentiel + 0,50 % » serait de 4,95 %.
Les prêts hypothécaires à taux variable sont offerts par de nombreux prêteurs, et leur taux d’intérêt est fondé sur le taux préférentiel. On les dit « à taux variable » parce que leur taux d’intérêt peut changer si le taux préférentiel change. Votre taux dépendra de votre prêt hypothécaire, de votre propriété et de votre situation financière. Une bonne cote de crédit et une assurance prêt hypothécaire permettent généralement d’obtenir les taux hypothécaires les plus bas.
La Banque TD utilise un taux préférentiel différent pour ses prêts hypothécaires. Il est actuellement fixé à 4,60 %, comparativement à son taux préférentiel habituel de 4,45 %.
Certains prêts automobiles comportent des taux d’intérêt de prêt auto variables fondés sur le taux préférentiel. Bien qu’ils soient considérés comme des prêts garantis, leur taux d’intérêt est généralement plus élevé que celui des prêts hypothécaires. Certains concessionnaires et constructeurs peuvent toutefois offrir des promotions à taux d’intérêt réduit, voire nul.
Le delta est le mécanisme qu’utilise le prêteur pour adapter le taux à chaque emprunteur et à chaque produit. Il est généralement exprimé en points de pourcentage.
Bien que tous les taux variables aient le taux préférentiel comme référence, l’ampleur et le signe (positif ou négatif) de votre delta dépendent de plusieurs facteurs clés :
Le prêteur évalue le risque de vous prêter de l’argent, principalement en fonction de votre cote de crédit et de votre profil financier global.
Le risque propre au prêt lui-même joue un rôle majeur :
| Type de produit | Garantie | Delta typique | Exemple de taux |
|---|---|---|---|
| Prêts garantis (p. ex. prêts hypothécaires, marges de crédit hypothécaires) | Garantis par un bien (comme une maison) | Petit delta positif, nul ou négatif (escompte) | P ± 0,5 % |
| Crédit non garanti (p. ex. cartes de crédit, prêts personnels) | Aucune garantie ; risque plus élevé pour le prêteur | Delta positif important (majoration) | P + 10 % |
En bref, plus le risque est élevé pour le prêteur — qu’il soit lié au crédit de l’emprunteur ou à la nature du produit —, plus le delta positif est important et plus le taux d’intérêt payé par l’emprunteur est élevé.
Le taux préférentiel neutre correspond au niveau de taux d’intérêt qui ne stimule ni ne freine l’activité économique. Il découle de l’estimation par la Banque du Canada du taux d’intérêt réel neutre, actuellement évalué entre 0,25 % et 1,00 %, en supposant une inflation proche de la cible de 2 % de la Banque. Cela implique un taux directeur nominal neutre d’environ 2,25 % à 3,00 % et un taux préférentiel neutre d’environ 4,45 % à 5,00 %, compte tenu de l’écart habituel entre le taux directeur et le taux préférentiel.
Lorsque le taux préférentiel en vigueur passe sous cette fourchette, la politique monétaire est considérée comme expansionniste, c’est-à-dire qu’elle vise à stimuler la croissance économique. Lorsqu’il la dépasse, la politique est jugée restrictive, c’est-à-dire qu’elle vise à freiner l’inflation et à ralentir la demande.
Si vous avez un prêt hypothécaire à taux variable ou envisagez d’en obtenir un, il est important de savoir comment les variations du taux préférentiel peuvent influer sur le taux d’intérêt de votre prêt hypothécaire.
Si vous avez déjà un prêt hypothécaire à taux variable ou si vous avez été préapprouvé pour un tel prêt, votre taux d’intérêt a été fixé au taux préférentiel plus ou moins un certain écart. Votre taux suivra donc directement le taux préférentiel à la hausse comme à la baisse.
Par exemple, si votre prêt hypothécaire à taux variable est fixé au taux préférentiel + 0,2 % et que le taux préférentiel actuel est de 4,45 %, votre taux hypothécaire actuel est de 4,65 %. Si le taux préférentiel augmente de 0,25 point de pourcentage pour atteindre 4,70 %, votre taux hypothécaire augmentera d’autant pour atteindre 4,90 %.
La plupart des prêts hypothécaires à taux variable comportent des versements fixes. Cela signifie que même si votre taux d’intérêt change, vos versements réguliers resteront les mêmes. Toutefois, la part de chaque versement consacrée aux intérêts et celle consacrée au capital changeront.
Si le taux préférentiel augmente, votre taux hypothécaire augmentera : une plus grande part de votre versement ira aux intérêts et une plus petite part au capital. Vous pourriez donc rembourser votre prêt plus lentement et avoir un solde plus élevé à la fin de votre terme.
Si le taux préférentiel diminue, votre taux hypothécaire diminuera : une plus petite part de votre versement ira aux intérêts et une plus grande part au capital. Vous pourriez donc rembourser votre prêt plus rapidement et avoir un solde moins élevé à la fin de votre terme.
Si vous envisagez un prêt hypothécaire à taux variable à l’avenir, vous devez savoir comment le taux préférentiel influe sur votre taux potentiel. Comme il s’agit d’un taux variable, votre taux suivra le taux préférentiel à la hausse comme à la baisse. Une hausse du taux préférentiel pourrait rendre un prêt à taux variable plus coûteux qu’un prêt semblable à taux fixe. À l’inverse, une baisse du taux préférentiel pourrait rendre un prêt à taux variable moins coûteux qu’un prêt semblable à taux fixe.
Bien que tous les prêts hypothécaires à taux variable soient fondés sur le taux préférentiel, les prêteurs fixent un écart par rapport à celui-ci. Cet écart détermine dans quelle mesure le taux variable est supérieur ou inférieur au taux préférentiel. Voyez-le comme une majoration ou un escompte : tout le monde utilise le même prix de référence, mais chaque prêteur fixe son propre prix en appliquant une majoration ou un escompte. Même si le taux préférentiel baisse, les prêteurs peuvent choisir d’augmenter leur écart afin que leurs taux variables ne changent pas.
C’est ce qui s’est produit en mars 2020, lorsque les banques ont suivi la baisse de taux de la Banque du Canada et ramené leur taux préférentiel de 2,95 % à 2,45 %. Certaines banques, dont RBC et BMO, ont alors augmenté la majoration de leurs prêts hypothécaires à taux variable afin que leurs taux finaux restent les mêmes. Cela montre qu’il faut toujours faire ses recherches et vérifier si l’on obtient vraiment une bonne affaire.
L’une des principales raisons pour lesquelles le taux préférentiel a tendance à suivre le taux cible du financement à un jour de la Banque du Canada est que ce taux influe sur le coût des fonds d’une banque, c’est-à-dire le taux d’intérêt qu’elle doit payer pour obtenir des liquidités. Les banques se prêtent entre elles, contre garantie, au taux du financement à un jour.
Si le taux du financement à un jour baisse, le coût des fonds des banques baisse aussi. Avec des liquidités moins chères, les banques peuvent faire profiter leurs clients de ces économies en abaissant leur taux préférentiel afin de rester concurrentielles par rapport aux autres prêteurs.
Si le taux du financement à un jour augmente, le coût des fonds des banques augmente aussi. Comme elles doivent payer plus cher leurs liquidités, les banques relèvent leur taux préférentiel.
Fonctionnement du taux du financement à un jourLe taux préférentiel est étroitement lié au taux cible du financement à un jour de la Banque du Canada. Depuis la fin des années 1990, il est constamment resté dans une fourchette de 50 points de base, soit environ 200 points de base (2 points de pourcentage) au-dessus du taux de la Banque du Canada. Plus récemment, depuis 2015, le taux préférentiel est supérieur de 2,2 % au taux directeur de la BdC. Aux États-Unis, l’indice du taux préférentiel du Wall Street Journal s’est maintenu exactement 300 points de base au-dessus du taux des fonds fédéraux de la Réserve fédérale au cours des deux dernières décennies.
Il est important de noter que les banques, les coopératives de crédit et les autres prêteurs fixent tous leur propre taux préférentiel. Ils ne sont pas tenus d’avoir le même taux préférentiel que les autres banques, ni de l’augmenter ou de le réduire pour suivre les variations du taux du financement à un jour de la Banque du Canada. Toutefois, la pression concurrentielle peut les obliger à s’aligner sur leurs concurrents.
On en a vu un exemple lors des baisses de taux de la Banque du Canada au début de 2020, en réponse à la pandémie. Le 15 mars 2020, la BdC a annoncé une baisse de taux de 0,50 point de pourcentage. Prenons l’exemple de MCAP, un prêteur hypothécaire résidentiel, et de la Banque ICICI, qui publient tous deux l’historique de leur taux préférentiel.
Le 18 mars 2020, la Banque ICICI a réduit son taux préférentiel de 50 points de base pour le ramener à 2,95 %. MCAP, en revanche, a réduit son taux préférentiel de 50 points de base à 2,95 % le 1er avril 2020, soit deux semaines plus tard. Les banques et les prêteurs ne modifient pas toujours leur taux préférentiel au même moment.
Les baisses de taux de la BdC en 2015 en sont un autre exemple frappant. Le 21 janvier 2015, la BdC a réduit son taux de 0,25 %. Pourtant, les grandes banques canadiennes n’ont réduit leur taux préférentiel que de 0,15 %. Par exemple, RBC, TD et le reste des six grandes banques du Canada ont abaissé leur taux préférentiel de 3,00 % à 2,85 %.
Il arrive que les banques ne répercutent pas entièrement les baisses de taux. Dans cet exemple, les banques ont conservé 10 points de base supplémentaires. Les banques et les prêteurs peuvent fixer leur propre taux préférentiel, et l’histoire montre qu’ils s’écartent parfois de la Banque du Canada.
L’histoire de la banque centrale du Canada reflète l’évolution de son système financier et la création de la Banque du Canada, qui joue un rôle crucial dans la gestion de la politique monétaire et de la stabilité économique du pays. Voici un aperçu détaillé des principales étapes :
Débuts du système bancaire et banques provinciales : Au 19e siècle, le secteur bancaire canadien était dominé par des banques privées, des banques provinciales et des banques à charte, chacune émettant sa propre monnaie. Des provinces comme l’Ontario et le Québec avaient leurs propres billets, ce qui créait des incohérences et de l’instabilité dans la masse monétaire et les pratiques bancaires.
Efforts d’uniformisation de la monnaie : Après la Confédération de 1867, le gouvernement fédéral a tenté à plusieurs reprises d’unifier le système monétaire. En 1871, la Loi sur la monnaie uniforme a été adoptée, instaurant le dollar canadien et apportant une certaine uniformisation, bien que les banques aient conservé le pouvoir d’émettre de la monnaie.
Débats nationaux sur une banque centrale : Au fil du temps, à mesure que l’activité économique croissait, des débats sont apparus sur la nécessité d’une banque centrale. Le secteur bancaire s’y est d’abord opposé, car les banques privées profitaient de l’autoréglementation et des revenus tirés de l’émission de billets.
Instabilité économique : La Grande Dépression des années 1930 a mis en évidence le besoin d’une institution centrale pour gérer la politique monétaire du Canada. L’économie canadienne a été durement touchée : chômage élevé, baisse des prix et faillites bancaires. Les appels à un contrôle central de la monnaie se sont intensifiés.
Rapport Macmillan (1933) : En 1933, le gouvernement canadien a mandaté la Commission Macmillan pour étudier une réforme bancaire. La commission a recommandé la création d’une banque centrale chargée de gérer la monnaie et de stabiliser l’économie.
Appui politique : L’idée a gagné du terrain sur le plan politique et, en 1934, le Parlement canadien a adopté la Loi sur la Banque du Canada, jetant les bases d’une banque centrale responsable de la politique monétaire et de l’émission de la monnaie.
Charte et structure : La Banque du Canada a été créée en 1935 en tant qu’institution à capital privé. Toutefois, en 1938, le gouvernement l’a nationalisée pour en faire une société d’État appartenant entièrement au gouvernement fédéral, afin de garantir qu’elle serve l’intérêt public.
Mandats : À l’origine, les principaux rôles de la Banque du Canada étaient d’émettre la monnaie canadienne, d’agir comme banquier du gouvernement et de superviser les autres banques. Elle était aussi chargée de gérer les réserves de change et de contrôler l’inflation.
Régime monétaire : Le Canada a adhéré à l’étalon-or jusqu’en 1931, lorsque la Grande Dépression a forcé de nombreux pays, dont le Canada, à l’abandonner. Ce changement a donné à la Banque du Canada plus de souplesse dans la gestion de la masse monétaire, sans réserves d’or pour garantir la monnaie.
Essor économique : Après la Seconde Guerre mondiale, le Canada a connu une forte croissance économique, et la Banque du Canada a joué un rôle clé dans la maîtrise de l’inflation et la stabilisation de l’économie. Axée sur la stabilité des prix, elle a eu recours à de nouveaux outils comme l’ajustement des taux d’intérêt.
Évolution de la monnaie : La Banque a pris des mesures pour améliorer la conception, la sécurité et la durabilité de la monnaie canadienne, en émettant des billets dotés de dispositifs anticontrefaçon avancés.
Taux de change flottant : En 1970, le Canada est devenu l’une des premières grandes économies à adopter un taux de change flottant, ce qui a permis à la Banque du Canada de se concentrer davantage sur la politique monétaire intérieure tout en s’adaptant à l’évolution de l’économie mondiale.
Cadre de maîtrise de l’inflation : Au début des années 1990, la Banque du Canada a adopté une politique de ciblage de l’inflation, fixant une cible d’inflation de 2 % à l’intérieur d’une fourchette de 1 % à 3 %. Ce cadre est devenu un élément central de sa politique, visant à assurer la stabilité des prix et à favoriser la croissance économique à long terme.
Surveillance du système financier : Bien que la Banque du Canada ne réglemente pas directement les banques commerciales (ce rôle revient au Bureau du surintendant des institutions financières, ou BSIF), elle surveille la stabilité globale du système financier et fournit des liquidités à titre de prêteur de dernier recours.
Réponse aux crises et assouplissement quantitatif : Pendant la crise financière de 2008 et la pandémie de COVID-19, la Banque du Canada a mis en œuvre des mesures sans précédent, comme l’assouplissement quantitatif, pour maintenir la liquidité, réduire les coûts d’emprunt et stabiliser le système financier.
Communication et transparence : La Banque a accru sa transparence en tenant des conférences de presse régulières, en publiant le Rapport sur la politique monétaire et en rendant publiques ses décisions afin d’améliorer la compréhension et la confiance du public à l’égard de ses actions.
Recherche sur la monnaie numérique : La Banque du Canada étudie actuellement la possibilité d’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) à mesure que les modes de paiement numériques évoluent et que l’utilisation de l’argent comptant diminue.
Changements climatiques et finance durable : La Banque évalue également les risques que posent les changements climatiques pour la stabilité financière et explore des moyens de soutenir les initiatives de finance durable.
Modernisation technologique : La Banque du Canada a modernisé ses systèmes de paiement et participe aux efforts internationaux visant à rendre les paiements transfrontaliers plus efficaces.
Le système bancaire central du Canada a considérablement évolué, s’adaptant aux changements économiques tout en mettant l’accent sur la stabilité monétaire, l’intégrité du système financier et la transparence.
Après la crise financière de 2008, la Banque du Canada a maintenu des taux d’intérêt relativement bas et stables pour soutenir la reprise économique. Le taux préférentiel a oscillé entre 2,50 % et 3,00 % durant cette période. La croissance économique était modeste, l’inflation est restée à l’intérieur de la cible et la politique monétaire est demeurée largement accommodante.
En 2018, le taux préférentiel du Canada est passé de 3,45 % à 3,95 %, la Banque du Canada ayant relevé son taux cible du financement à un jour de 1,25 % à 1,75 %. L’économie canadienne tournait presque à pleine capacité, avec des marchés immobiliers en hausse et des prix du pétrole élevés. Combinée à un dollar canadien plus faible, l’inflation dépassait légèrement la cible de 2 % de la Banque du Canada. En réponse à l’inflation et à la forte croissance économique, la Banque du Canada a relevé ses taux pour maintenir l’inflation dans sa fourchette cible.
En 2019, le taux préférentiel du Canada est resté stable à 3,95 %, la Banque du Canada ayant maintenu son taux cible du financement à un jour à 1,75 %. Malgré la hausse du prix des actifs — l’indice composé S&P/TSX a progressé de 19 % en 2019 — et une croissance mondiale stable, les difficultés du secteur énergétique canadien et l’incertitude entourant les relations commerciales avec les États-Unis et la Chine ont freiné tout resserrement supplémentaire de la politique monétaire et toute hausse des taux d’intérêt.
En 2020, le taux préférentiel du Canada a rapidement chuté à 2,45 % à la fin du premier trimestre, la Banque du Canada ayant abaissé son taux cible du financement à un jour de 1,75 % à 0,25 % en réponse aux pressions économiques causées par la COVID-19. Le PIB du Canada a reculé de 7,5 % en mars, puis de 11,6 % en avril, un recul record. La Banque du Canada a indiqué qu’elle ne prévoyait pas relever ses taux avant 2023 au plus tôt.
En 2021, le taux préférentiel du Canada est resté stable toute l’année, mais les signaux d’une hausse dès le début de 2022 se sont multipliés. La reprise économique du Canada avait dépassé les attentes initiales de la Banque du Canada, ce qui a amené la BdC à évoquer d’abord une hausse de taux et un resserrement de la politique monétaire pour le milieu de 2022. L’inflation en 2021 avait également dépassé la cible de 2 % de la BdC, ce qui a accru la pression sur celle-ci pour qu’elle relève ses taux. La Banque du Canada n’a toutefois pas relevé ses taux en 2021.
Une inflation élevée, des prix de l’immobilier records et la hausse du coût de la vie ont servi de toile de fond à la reprise du Canada après la COVID-19. La Banque du Canada a commencé l’année par une hausse de taux de 25 points de base en mars 2022. Elle a rapidement été suivie d’une autre hausse de 50 points de base en avril 2022, la plus forte hausse ponctuelle en plus de 20 ans. Les taux préférentiels ont augmenté tout au long de 2022 pour terminer l’année à 6,45 %. Cette hausse a causé des difficultés à certains emprunteurs à taux variable, qui ont atteint leur taux de déclenchement hypothécaire, ce qui signifie que leurs versements ne suffisaient plus à couvrir les intérêts de leur prêt hypothécaire.
La Banque du Canada a maintenu sa politique de resserrement en 2023, faisant passer le taux préférentiel de 6,45 % à 7,20 % au milieu de l’année. Elle réagissait ainsi à la persistance de l’inflation fondamentale et à la forte croissance des salaires, qui maintenaient les pressions sur les prix malgré les hausses de taux antérieures. Le taux est resté inchangé au cours de la seconde moitié de l’année, pendant que la Banque surveillait les signes de ralentissement économique.
Avec le retour de l’inflation à la cible de 2 % de la Banque du Canada au troisième trimestre de 2024, la banque centrale a amorcé un assouplissement de sa politique monétaire. Le taux préférentiel est passé de 7,20 % à 5,45 % au cours de 2024. Le ralentissement de l’inflation du logement et l’essoufflement de l’activité économique ont contribué à cette désinflation. La Banque cherchait à éviter que les taux d’intérêt réels deviennent trop restrictifs et à soutenir la croissance.
En 2025, la Banque du Canada a continué d’abaisser ses taux d’intérêt face aux signes croissants de faiblesse économique. Le taux préférentiel est passé de 5,45 % en janvier à 4,70 % en septembre, sous le taux neutre estimé à 4,95 %. Ce changement indique que la politique monétaire est entrée dans une phase expansionniste, visant à stimuler la croissance plutôt qu’à freiner l’inflation. Le taux directeur de la Banque du Canada, qui influe sur les taux préférentiels, a été abaissé à 2,5 % le 17 septembre, dans un contexte d’affaiblissement du marché du travail et de stabilité des mesures de l’inflation fondamentale.
Les baisses de taux s’expliquent par plusieurs facteurs : la hausse du chômage, la contraction du PIB et les tensions commerciales persistantes avec le principal partenaire commercial du Canada. Le taux de chômage a grimpé à 7,1 % en août, son plus haut niveau en près de dix ans, hors pandémie. Le PIB s’est contracté de 0,3 % d’un trimestre à l’autre au deuxième trimestre (1,2 % en rythme annualisé), les tensions commerciales avec les États-Unis ayant retranché environ 1,5 point de pourcentage à la croissance annualisée. Alors que l’inflation fondamentale restait tenace, l’inflation globale est remontée à 2,4 % (en septembre), reflétant des pressions persistantes sur les prix du logement et de l’alimentation, qui s’étendaient à d’autres catégories. Des mesures de l’inflation fondamentale comme l’IPC-tronq ont grimpé à 3,1 % sur un an. La suppression de la redevance sur les combustibles pour les consommateurs (taxe carbone) en avril 2025 a contribué à contrebalancer certaines pressions inflationnistes, mais pas suffisamment pour inverser la tendance haussière. Selon l’analyse de la Banque du Canada, cette suppression a réduit le niveau de l’IPC d’environ 0,6 % jusqu’en mars 2026, principalement en raison de la baisse des prix de l’essence et de l’énergie, retranchant environ 0,6 point de pourcentage à l’inflation sur un an pendant un an.
Malgré les risques inflationnistes, la Banque pourrait privilégier le soutien de la demande intérieure et de la stabilité financière pour prévenir une éventuelle déflation au cours des prochains mois. Le taux d’intérêt réel — corrigé de l’inflation sous-jacente — avoisine zéro, ce qui renforce l’orientation de la Banque vers une politique axée sur la croissance.
Les marchés semblent s’attendre à ce que le taux préférentiel demeure stable, autour de 4,45 %, tout au long de 2026. Il s’agit toutefois d’une moyenne pondérée entre un scénario où les relations commerciales avec les États-Unis se stabilisent et un scénario où elles se détériorent. L’incertitude entourant cette prévision est donc assez élevée.
Les taux préférentiels aux États-Unis sont semblables à ceux du Canada. Ce sont les taux de base qu’utilisent les banques pour déterminer le taux d’intérêt des prêts accordés aux emprunteurs ayant une bonne cote de crédit. Ils suivent également le taux du financement à un jour fixé par la banque centrale — dans le cas des États-Unis, la Réserve fédérale américaine. Contrairement au Canada, le secteur bancaire américain est diversifié et réparti entre des milliers de banques. Par conséquent, les taux préférentiels aux États-Unis peuvent varier considérablement d’une banque à l’autre et d’une région à l’autre.
Le Wall Street Journal (WSJ) publie un indice du taux préférentiel qui suit le taux préférentiel d’au moins 7 des 10 plus grandes banques américaines. En octobre 2025, l’indice du taux préférentiel du WSJ s’établissait à 7,25 %. Il était de 7,75 % en novembre 2024, de 8,50 % en janvier 2024 et de 4,75 % en juillet 2022.
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